PSYCHOLOGIES – Avril 2013

PSYCHOLOGIES ART

DU YOGA DANS L’AIR !

Ses disciples sont perchés dans un hamac ou suspendus à des sangles. Spectaculaire, le yoga aérien facilite les postures complexes sans forcer sur les vertèbres. Une pratique ludique pour un maintien plus tonique. Accrochez-vous !

Il suffit de regarder les photos de yogis indiens tenant des positions insensées pour se rappeler que le yoga est également une discipline acrobatique. « Fly » , « lévitation » , « en suspension », « antigravité », « aérien »… Depuis 2006, un poignée d’enseignants, aux États-Unis comme en France , revendique l’idée d’avoir métissé yoga et arts du cirque.

Une approche acrobatique… qui donne des ailes

En théorie, la pratique suspendue oblige à jouer les équilibristes à moins d ‘un mètre du sol, sollicitant les muscles posturaux impliqués dans notre maintien corporel, en vue de les renforcer. Autre avantage – toujours sur le papier- ,enchaîner des postures « dans le vide » fait travailler l’agilité, la capacité à situer son corps dans l’espace- la proprioception- et la souplesse .
La suspension permet d’inverser l ‘effet de la pesanteur en se positionnant tête en bas, sans compresser la colonne vertébrale ni les articulations. En l’absence de contre-indications, ce nouveau yoga entend libérer les tensions physiques et psychologiques. A condition de parvenir à se lâcher .

Rendez-vous dans une salle de danse classique du X éme arrondissement de Paris avec Florie Ravinet, professeur d’ashtanga yoga, qui a conçu le Fly yoga en 2009 avec une équipe de Kinésithérapeutes. Les hamacs colorés font penser aux balançoires d’enfants. Une forme de poésie qui donnerait des ailes ! Cette approche ludique est a priori idéale pour les non-initiés. Le cours d’une heure commence par cinq minute de « om » , assis en lotus pour apprivoiser le sensation d’instabilité . Encore faut-il grimper dans son cocon ! Tendre les bras vers l’arrière, attraper trois poignées de tissu, rapprocher le bandeau, placer les coudes à l’intérieur pour s’asseoir… et osciller entre autodérision et agacement. « Se sentir perdu au début fait partie du jeu » , rassure Florie.

Méditation écourtée , place à l’échauffement. Les jambes sortent du tissu pour exécuter des battements. Les chevilles s’appuient dessus pour la planche inclinée, mains posées au sol. Les bras s’enroulent dedans pour étirer le dos à angle , pieds sur le plancher. Rester concentrée. La gestuelle devient esthétique et le hamac est sous contrôle. Souple et mobile, il augmente l’amplitude des étirements. Ceux-ci sont tenus cinq respirations au maximum et créent un rythme dynamique. Un gymnastique de chauve-souris… qui étire en profondeur.


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